Samedi 17 mai 2008
Emile Bravo est actuellement au coeur de l'actualité bédéïstique avec son Spirou one shot remarqué et remarquable, Le Journal d'un ingénu. Mais, avant de reprendre Spirou, il avait envisagé de reprendre Blake et Mortimer, dans l'univers duquel il a déjà fait plusieurs incursions.
 
Première en date, en 2003, Les Aventures de Swartz et Totenheimer, d'après les personnages d'Adolf Hitler, parodie parue dans le n° 23 du magazine Ferraille illustré. Voici la conclusion de ce récit, en forme de clin d'oeil à La Marque jaune :
 
  
Les choses deviennent plus sérieuse en 2004 lorsque, en collaboration avec Joann Sfar au scénario, il se porte candidat à la reprise de la série Blake et Mortimer, alors que Dargaud cherche un remplaçant à Ted Benoit. Dans une très intéressante interview accordée à Bo Doï (n° 72 de mars 2004), Sfar nous apprend que, dans ce récit situé au lendemain de la seconde guerre mondiale, Blake, aidé par Mortimer, doit récupérer un savant nazi et travailler avec lui. Emile Bravo, quant à lui, déclarait :
"Je me souviens... Johann Sfar était en Thaïlande quand il m'a contacté par mail pour me parler d'un projet Blake et Mortimer. Il m'a demandé si cela m'amuserait, pour rire, de les dessiner.J'étais un fan depuis l'enfance, je l'ai fait. Ensuite nous avons réalisé deux pages complètes. Pénétrer dans cet univers ne m'a posé aucun problème graphique particulier. Nous avons soumis ces planches à l'éditeur. Plus tard, celui-ci m'a demandé si j'étais prêt à prendre la suite du dessinateur Ted Benoit qui arrêtait. J'ai refusé. Si je fais un Blake et Mortimer, ce sera avec Joann. J'aimerais que nous réalisions tout ce que, en son temps, on n'a pas laissé faire à Jacobs. Mais les années passant..."
Voici les deux planches en question (cliquez deux fois sur les images pour les agrandir). On meurt d'envie de connaître un jour la suite de cette histoire...
 
    
 
Enfin, à l'automne 2007, Emile Bravo est l'un des douze auteurs invités par Le Monde 2, a présenté ce qu'évoque pour eux Edgar P. Jacobs et ses personnages (voir l'ensemble de ces contributions dans l'article qui leur est consacré). Outre le dessin humoristique ci-dessous, il revient brièvement sur son projet avec Sfar :
"Joann Sfar avai conçu un scénario très sombre, très hitchcockien. Ce projet a traîné six ans. Nous avons compris que, finalement, éditeurs et ayants droits n'en voulaient pas..."
 

publié dans : Clins d'oeil, hommages et références commentaires (1)    ajouter un commentaire
Jeudi 15 mai 2008
André Juillard était hier, mercredi 14 mai, en dédicaces à la librairie Le Furet du Nord à Lille. Une séance calme, avec peu de monde, un Juillard détendu et loquace faisant de très belles dédicaces, comme celle ci-dessous dont je remercie mon ami Eddy de nous en faire profiter (je vous invite également à vous rendre sur son excellent site entièrement consacré à l'oeuvre d'André Juillard) :
 

Toujours à Lille, le magazine Sortir Lille Eurorégion du 16 avril consacrait un article au tome 18 des aventures de Blake et Mortimer, Le Sanctuaire du Gondwana :
 

 
A signaler aussi une nouvelle interview d'André Juillard et Yves Sente sur Le Graphivore. Comme dans celle précédemment donnée à Auracan, Juillard confirme qu'il s'est vu proposer de dessiner toutes les nouvelles aventures de Blake et Mortimer, qu'elles soient ou non scénarisées par Yves Sente, mais qu'il a décliné cette ofrre, ne souhaitant pas que son travail sur cette série ne devienne pour lui un pensum.
  
Enfin, il est possible de se procurer l'ex-libris de la librairie Story BD (voir plus bas) en s'abonnant ou se ré-abonnant à la revue On a marché sur la Bulle éditée par l'association "Les Petits Sapristains".
Tarif : 1 an = 28 € (pour la France) avec un ex-libris offert. Imprimez le bulletin ci-dessous (cliquer deux fois) et choisissez comme ex-libris : A. Juillard (Blake et Mortimer). A envoyer à l'adresse suivante : OAMB "Les Petits Sapristains", La Chênaie Longue, 35500 Saint Aubin des Landes.
Rappelons qu'il est aussi possible de se procurer cet ex-libris directement auprès de la librairie
Story BD au prix de 5 € + frais de port éventuels.
 
 

publié dans : Articles divers commentaires (2)    ajouter un commentaire
Mercredi 14 mai 2008
Alain S. Lerman, dont j'ai déjà annoncé le prochain livre Les Secrets de l'Espadon, nous propose un extrait inédit de son ouvrage, en l'occurrence du chapitre se rapportant à la présentation du Thibet et au pourquoi du choix de ce pays par Jacobs, ainsi que la couverture complète de son livre.
 
En guise donc d'explication, et en avant-première, une partie de l'Histoire, avec un grand H, du Thibet, avec un petit h, pour faire saliver ceux qui n'auraient pas encore pris la décision d'acquérir cet ouvrage (20 € environ, uniquement sur réservation auprès de l'auteur : as_lerman@yahoo.fr) :
  
"D'un petit royaume, un cavalier a su faire un empire et l'annexion future du Thibet à la Chine ressemble à s'y méprendre à une revanche tardive de Mao Ze-dong sur Songtsen Gampo qui, au VIIème siècle, se tailla un immense empire en Asie et humilia même l'Empire chinois (encore faudrait-il que Mao ait connu et relu ses classiques d'Histoire chinoise et y ait trouvé justement le fondement et la justification de son acte).
Dans un tout autre registre qui nous préoccupe plus particulièrement, la prise de pouvoir usurpée de Basam-Damdu (prise de pouvoir dont nous ignorons tout et continuerons éternellement de tout ignorer…) ressemble elle aussi - même factice, celle-ci - à une redite de l’extraordinaire saga de Songtsen Gampo.
Le "Pays des neiges" (aujourd’hui envahi, humilié, amputé) n'oubliera jamais qu'il fut pendant des siècles un immense empire, fier de son royal fondateur dont l'existence fut une épopée grandiose à l'égal des Gengis Khan, Kubilaï Khan ou Alexandre le Grand.
En l'an 620, Songtsen Gampo (607-650) n’a que 13 ans quand il s'élance à cheval à la conquête de toute l'Asie centrale. C’est le 30ème prince mythique d’un clan thibétain qui règne sur la vallée de Yarlung, à 120 kilomètres de Lhassa.
Vingt ans plus tard, cet homme a réussi à lever l'une des plus redoutables cavaleries de tous les temps ; sept siècles avant les Mongols, il étend sa domination sur une grande partie du continent sub-asiatique, s'attaquant même à la Chine. Il soumet le Népal, dont il épouse une princesse, et s'aventure au Bengale.
Il porte alors ses attaques vers la Chine, faisant trembler le Céleste Empire, et exigeant déjà du premier et puissant empereur T’ang un énorme tribut pour se retirer. Pour garantir ses frontières et sa tranquillité à l’Est, il épouse - une nouvelle fois - une princesse chinoise.
Sitôt terminée sa campagne chinoise, ce magnifique guerrier à l'extraordinaire mobilité pour l'époque, retraversant le Thibet, investit le Baltistan (Nord Pakistan).
A la cour de Songtsen Gampo se rencontraient des savants chinois, des érudits persans, indiens et mongols.
Ses successeurs agrandiront considérablement son empire, poussant jusqu'au Turkestan chinois, au Nord, dépassant la Route de la soie et, plus à l'Ouest, allant affronter les Arabes.
Harun al Raschid, Calife de Baghdad, envisagera même de s'allier aux Chinois pour stopper les Thibétains.
A l'extrême opposé, ces mêmes Thibétains s'attaqueront à la Birmanie, grignotant, dans la foulée, une partie du Sichuan, du Gansu et du Yun-nan, provinces chinoises.
C'est ainsi qu'au début du VIIIème siècle, la Chine en est contrainte à payer un tribut annuel de cinquante mille rouleaux de soie pour s'épargner ces attaques.
Et lorsqu'en 763, l'empereur tarde à payer, mal lui en prend. Aussitôt, l'armée des descendants de Gampo attaque et saisit la capitale même chinoise, Chan'An (la Xian moderne). Ils déposent l'empereur T’ang et mettent à sa place le frère de la princesse chinoise, épouse du roi du Thibet.
De l’an 620 de notre Ere, date du début de la conquête, à l’an 860 (début du déclin de l’Empire du Thibet), les différents souverains qui succèderont à Gampo pousseront leurs armées vers le Sud, jusqu’au Brahmapoutre et au-delà du Gange, en occupant tout l’immense delta ; à l’Ouest, les frontières seront repoussées jusqu’à l’Indus et le Tarim Darya.
Il est remarquable de constater que, treize siècles après sa mort, sur tout l'immense territoire de l'ancien empire de Songtsen Gampo, allant des frontières du Pakistan à celles de la Birmanie, des confins du Bengale à ceux de la Sibérie, on parle toujours le thibétain et pratique encore la religion (lamaïsme) imposée par ce conquérant.
La rivalité multi-centenaire entre les deux (anciennement) grandes puissances voisines ne s'est jamais démentie tout au long de leur Histoire (le dépeçage du Thibet par Mao n'en étant, finalement, que l'aboutissement).
Et, bien qu'imaginaires, l'accession de Basam Damdu au pouvoir suprême du nouvel Empire dont il fait le Grand Thibet (dans ses frontières historiques d'avant l'invasion anglaise de 1904), le centre politique, ainsi que sa guerre de conquête planétaire, peuvent très bien être considérés comme les témoins de la restauration de l'oeuvre de Gampo et de la résurrection de la fierté nationale.
Fierté que l'on retrouvait d'ailleurs encore il n’y a pas si longtemps (s’entend, avant l’épuration ethnique et religieuse) chez les farouches guerriers Khambas "
 
Et, pour faire bon poids, voici, comme annoncé, la couverture développée de l'ouvrage avec une superbe vue aérienne du détroit d'Ormuz :
 

 
Venez en discuter sur le forum Marque Jaune.
publié dans : Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs commentaires (0)    ajouter un commentaire
Lundi 12 mai 2008
Quelques images des séances de dédicaces auxquelles a participé André Juillard à l'occasion de la sortie du tome 18 des aventures de Blake et Mortimer, Le Sanctuaire du Gondwana :
 
Le samedi 5 avril, Juillard était à la librairie Hobby Folie à Bordeaux. Voici quelques photos de l'auteur au travail :
 
  
Et quelques exemples des dédicaces réalisées ce jour-là :
 
  
D'autres photos et dédicaces sont visibles sur le site de Hobby Folie (voir la rubrique "Images de la dernière dédicace").

Le mercredi 16 avril, Juillard était à la librairie Story BD à Nantes. Celle-ci propose de visionner sur son site la vidéo de l'événement, un document assez exceptionnel de plus de 10 mn dans lequel on peut voir Juillard dessiner et l'entendre s'exprimer sur Blake et Mortimer.
Attention : cette vidéo "pèse" 111 Mo et peut donc être assez longue à charger.
publié dans : Rencontres et dédicaces commentaires (0)    ajouter un commentaire
Samedi 10 mai 2008
Pour compléter l’exposition des planches et crayonnés d’André Juillard qu'il présente (voir l'article mis en ligne hier et celui déjà consacré précédemment à cette exposition "André Juillard dans les pas de Blake et Mortimer"), le festival  Etonnants Voyageurs, qui se tient à Saint Malo d'aujourd'hui samedi jusqu'à lundi, programme également une matinée de films et de rencontres intitulée "E.P. Jacobs - Henri Vernes : de Blake et Mortimer à Bob Morane".
 
Lundi 12 mai, de 10 h à 13 h au théâtre Chateaubriand, seront ainsi proposées projections et rencontres :
10 h : projection du film "E.P. Jacobs : Blake ou Mortimer ?" de Francis Gillery (2004, 52')
11 h : rencontre autour de Bob Morane et Blake et Mortimer avec Pierre Pelot, Pierre Dubois, Laurent Chollet et Jean-Pierre Dionnet
12 h : projection du film "Henri Vernes : un aventurier de l'imaginaire" d'Erick Mogis et David Carr Brown (1998, 52')

Le lien entre Jacobs et Vernes peut être cherché, entre autres, dans Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle, auteur auquel est consacrée l'après-midi de cette journée de l'aventure.
 
On peut suivre l'actualité du festival sur le blog d'Etonnants Voyageurs où il est prévu de publier d'ici la fin du festival des articles sur les rencontres Blake et Mortimer.

publié dans : Rencontres et dédicaces commentaires (1)    ajouter un commentaire
Vendredi 9 mai 2008
Deux expositions consacrées à l'univers de Blake et Mortimer seront proposées à Saint Malo du 10 au 12 mai, dans le cadre du festival Etonnants Voyageurs.
Outre la rétrospective "André Juillard, dans les pas de Blake et Mortimer", déjà évoquée, sera présentée la douzaine de dessins publiés à l'automne 2007 par Le Monde 2. A l'occasion de la publication par le célèbre quotidien français d'une collection spéciale réunissant les 12 albums réalisés par Edgar P. Jacobs, son supplément hebdomadaire  avait en effet demandé ce que représentait pour eux Edgar P. Jacobs à douze auteurs de bande dessinée : certains assez proches de l'univers de Jacobs, comme Tardi ou Emile Bravo, sur les travaux desquels j'aurai l'occasion de revenir à plus ou moins long terme, d'autres que l'on est plus surpris de retrouver là.
Voici, dans l'ordre de leur parution entre le 6 octobre et le 22 décembre 2007, ces douze contributions que vous pourrez donc admirer à Saint Malo ce week end :
 
  
On peut suivre l'actualité du festival sur le blog d'Etonnants Voyageurs où il est prévu de publier d'ici la fin du festival des articles sur les rencontres Blake et Mortimer.
publié dans : Clins d'oeil, hommages et références commentaires (4)    ajouter un commentaire
Mardi 6 mai 2008
Edgar P. Jacobs reste une référence incontournable dans l'univers de la bande dessinée. Aussi n'est-il pas surprenant de retrouver son oeuvre en bonne place dans le dernier ouvrage de Pierre Fresnault-Deruelle, Images à mi-mots, paru le 28 avril aux éditions Les Impressions Nouvelles, dans la collection Réflexions Faites.


Lire une bande dessinée ou un dessin de presse est simple, puisque tout le monde le fait, de 7 à 77 ans. Dans Images à mi-mots, Pierre Fresnault-Deruelle, pionnier de l'étude des bandes dessinées en France, montre que cette simplicité est trompeuse. Loin d'être donné tout de suite et une fois pour toutes, le sens d'une image se construit de manière très complexe : d'abord en elle-même, puis dans les séries ou les suites d'images dont elle fait souvent partie, enfin par rapport à ces répertoires d'images que notre culture ne cesse de multiplier.

 

Le livre de Pierre Fresnault-Deruelle nous apprend à lire les images, vignettes de bande dessinée et dessins de presse confondus, sous tous leurs angles. Il le fait à mi-mots, car les images sont à bien des égards porteuses de mots, par exemple sous forme de calembours visuels (l'image, dans ce cas, fait venir à l'esprit un mot ou une expression qui ne sont pas montrés mais suggérés) ou encore sous forme de mots dans l'image (celle-ci traite alors le texte comme si c'était un objet visuel). De plus, le texte de Pierre Fresnault-Deruelle ne cherche jamais à effacer l'image sous le texte, tout en posant avec clarté la plus-value d'une lecture écrite.

  
Ce livre, toutefois, est bien plus qu'un manuel. Écrit dans un style brillant et jubilatoire, il nous communique aussi son amour et son intelligence des images. Refusant toute hiérarchie entre texte et image, Pierre Fresnault-Deruelle démontre pour notre plus grand plaisir que l'on gagne à s'arrêter sur l'image, qui devient chez lui tout le contraire du fugace et du facile. Rassemblant et rapprochant de nombreux exemples tres variés, de Winsor McCay à Emmanuel Guibert en passant par Plantu et Geluck, il offre enfin un éventail tout à fait étonnant de ce que l'image peut représenter et produire actuellement.
  
Parmi ces exemples, il nous propose donc deux très intéressants chapitres (une dizaine de pages en tout, mais d'une profondeur rarement atteinte sur le sujet) consacrés à des extraits de l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs, une planche, puis une image seule, dans lesquels il analyse notamment l'expressionnisme typique de l'art de Jacobs et son utilisation des couleurs :
- Lecture d’une planche de La Marque Jaune
 
 
- Edgar-Pierre Jacobs revisité. La couverture du Mystère de la Grande Pyramide
 
publié dans : Clins d'oeil, hommages et références commentaires (0)    ajouter un commentaire
Dimanche 4 mai 2008
Le dessin, d'une Ligne Claire très classique, de Floc'h a été fortement influencé par celui d'Edgar P. Jacobs. Et la série Albany et Sturgess qu'il a réalisée avec François Rivière, lui aussi grand spécialiste de l'oeuvre d'EPJ, regorge de réminiscences du maître.
Je me propose donc dans ce sujet de présenter quelques dessins de Floc'h qui évoquent ouvertement Jacobs, Blake et Mortimer.
 
Extrait de "Floc'h et Rivière, I presume...", article paru dans Le Figaro Littéraire du 5 octobre 2006 :
Floc'h : "Nous nous sommes vus dans une librairie du Quartier Latin, au début des années 70. Je sortais des Arts Décos. J'étais un petit bonhomme vif et ambitieux. François dirigeait la collection Marginalia et cherchait des illustrateurs pour ses couvertures. Quand il a vu, dans mon dossier de présentation, un dessin de ma copine de l'époque, allongée sur un lit, tenant un exemplaire de L'Enigme de l'Atlantide, il a été séduit."
Rivière : "J'y ai vu un signe du destin. Edgar Pierre Jacobs était - et reste - une de mes idoles avec Hergé."
Jacobs est donc ainsi indirectement à l'origine de la naissance de cette autre grande série de la bande dessinée francophone qu'est Albany et Sturgess.
 

Les deux vignettes ci-contre et ci-dessous, tirées du Rendez-vous de Sevenoaks (1977), évoquent directement l'oeuvre de Jacobs et notamment La Marque jaune. Non seulement parce qu'il s'agit de son album le plus mythique, mais aussi parce que, ces albums se déroulant tous deux à Londres, il semble facile et naturel d'y adresser quelques clins d'oeil.
 
Sur la vignette ci-contre, on aperçoit, dans le bac de bouquiniste que fouille le héros George Croft, un exemplaire de The Mega Wave du Dr John Wade, ouvrage que Philip Mortimer aura tant de mal à trouver quelques années seulement plus tard.
 
L'action du Rendez-vous de Sevenoaks se situe en effet en 1949, soit quatre ans avant celle de La Marque jaune, ce qui justifie la présence du Dr Jonathan Septimus sur la vignette ci-dessous où il participe à une réception où sont également présents Francis Albany et Olivia Sturgess.
 
 
Cette carte de voeux a été dessinée par Floc'h au début des années 80 sur une idée de François Rivière. Notez la rencontre de trois grandes séries de la bande dessinée francophone, quatre si on prend en compte le texte manuscrit en zorglangue.
Ce dessin a été repris dans Un Homme dans la foule, compilation de travaux de Floc'h parue en 1985 :
 
 
 
Ce savoureux article de presse, relatant la remise du titre de Membre de l'Ordre de l'Empire Britannique à Edgar P. Jacobs par la Reine Elizabeth, a été réalisé par Floc'h pour Angoulême 90, le magazine, catalogue officiel du 17ème salon international de la bande dessinée. Il accompagnait l'excellent article de Daniel Riche "Subversion et empire : Jacobs, une guerre trop loin".
On retrouve là une des caractéristiques du travail de Floc'h qui consiste à brouiller la limite entre réalité et fiction, faisant vivre des événements fictifs à des personnages réels et inversement. C'est sur ce principe qu'est construit son dernier ouvrage Une Vie de rêve. Et ce côtoiement de personnages fictifs et réels est aussi un des attraits de la série qu'il réalise avec son complice François Rivière, Albany et Sturgess, au point que l'on en arrive parfois à se demander si ceux-ci n'ont pas réellement vécu au XXème siècle (pour mieux connaître cette série, lire l'article que je lui avais consacré pour Artelio).
 
 
Ce test pour la reprise de Blake et Mortimer datant du début des années 90, a été publié dans le n° 7 de la revue Archibald en 1997. Notons que, s'il réussit assez bien Mortimer, Floc'h, comme la quasi totalité des dessinateurs qui s'y sont essayé, voire comme Jacobs lui-même, a du mal avec le personnage de Blake.
Extrait de l'interview donnée à ce magazine par Floc'h :
"- Avant de confier Blake et Mortimer à Ted Benoit, on vous a proposé de reprendre cette série. Pourquoi avez-vous refusé ?
- Je ne peux m'intéresser à quelque chose qui me semble voué à l'échec. Ce qui ne veut pas dire que cette reprise n'a pas été bien négociée. Mais je n'y crois pas. Je comprends le cahier des charges de Dargaud. Il s'agit d'effectuer une transition souple avec Jacobs, donc d'en épouser tous les tics, graphiquement et dans la narration. Pour moi, le côté scientifique, fin du monde, troisième guerre mondiale, c'est du pipeau. J'avais suggéré à Benoit de situer son histoire aux Etats-Unis. Parce que c'était un univers qu'il connaissait très bien et que Jacobs n'avait jamais exploré. Il y avait là une chance extraordinaire de moderniser Blake et Mortimer. Le succès colossal de l'entreprise ne me fait pas changer d'avis, au contraire. Je ne veux pas être Jacobs. Un auteur n'existe que par lui-même."
 
Des précisions sur cette incursion de Floc'h dans l'univers de Blake et Mortimer sont données dans l'ouvrage de Jean-Luc Cambier et Eric Verhoest, Blake et Mortimer. Histoire d'un retour, paru en 1996 à l'occasion de la reprise de la série par Ted Benoit et Jean van Hamme, avec L'Affaire Francis Blake :
"En fait, Ted Benoit ne venait pas en tête de liste des dessinateurs potentiels. [...] Un autre nom est avancé : Floc'h, qui dit "oui, bien sûr" puis "non, évidemment pas". Mais surtout, il parle avec Ted qui est un grand ami. Ensemble, ils s'échauffent et échafaudent les premières bribes d'une nouvelle aventure. Ils établissent un cadre et pensent même à se partager le dessin. Très vite, Floc'h fait marche arrière et Ted se décide à tout assumer."
Ted Benoit : "[en 1992] Floc'h m'a prévenu. Christmann, qui l'éditait chez Dargaud, avait tenu, puisqu'il travaillaient déjà ensemble, à lui proposer en premier la reprise de Blake et Mortimer. Une oeuvre collective me paraissait plus plausible car je ne voyais personne capable de se glisser seul dans les chaussons de Jacobs. On s'était dit qu'il fallait évacuer les voyages à l'autre bout du monde et les laboratoires secrets pour revenir à l'Angleterre et à plus de simplicité dans l'intrigue. Floc'h voulait retourner à un élément humain comme noeud de l'histoire. Moi, je voulais remettre Blake en avant.
[...] de toute façon, j'envisageais une oeuvre collective. Floc'h et moi avions même pensé qu'un troisième dessinateur pourrait s'occuper des décors.
[...] Les notes prises avec Floc'h allaient dans le sens d'une dimension humaine retrouvée. Creuser le personnage de Blake était notre point fort."

 

Dans son dernier ouvrage, Une vie de rêve. Fragments d'une autobiographie idéale, paru chez Robert Laffont en novembre 2007, Floc'h se représente à côté des personnages qu'il aurait aimé rencontrer ou dans les situations qu'il aurait aimé vivre. Il détourne ainsi la case n° 7 de la planche 11 de La Marque jaune, avec la légende suivante :
"Dans la peau du chroniqueur théâtral du Daily Mail dans la bande dessinée "La Marque Jaune" d'Edgar P. Jacobs (1956)."
Cette date de 1956 correspond à la publication en album aux éditions du Lombard.
 
Je profite enfin de l'occasion de cet article pour signaler l'existence, depuis le début du mois d'avril, d'un blog consacré à l'oeuvre de Floc'h, illustrateur : L'Homme dans la foule.
Beaucoup de créations de blogs consacrés à des séries ou des auteurs, puisque vient aussi de voir le jour le blog du Club des Amis de Freddy (Lombard bien sûr), consacré plus généralement à l'oeuvre d'Yves Chaland.
publié dans : Clins d'oeil, hommages et références commentaires (0)    ajouter un commentaire
Vendredi 2 mai 2008
Dans le cadre du 5ème festival BD de Puteaux (Hauts de Seine), qui aura lieu les 24 et 25 mai, seront présentées deux expositions consacrées à Edgar P. Jacobs :
 
- "E.P. Jacobs et son temps (1904-1987)" : Présentée pour la première fois au festival BD de Contern (Luxembourg) en juillet 2005, cette exposition montre un aspect inconnu d'Edgar P. Jacobs, un Jacobs en famille, parmi les siens, et l'influence de cette vie privée sur son oeuvre. Entièrement réalisée par Viviane Quittelier, petite-fille par alliance de Jacobs, cette exposition présente un certain nombre de documents inédits, provenant de la collection privée de celle-ci.
 

- "Blake et Mortimer dans la vallée de la Bièvre" : Réalisée initialement avec la ville de Buc, cette exposition a été modernisée (présentation sous forme de cadres) avec l'intervention de la ville d'Igny, où elle a été présentée deux fois (comme l'exposition "E.P. Jacobs et son temps") en décembre 2006 et 2007 dans le cadre du festival BD'Essonne. Basée sur les recherches effectuées par Benoît Verley pour retrouver les sites de SOS Météores, cette exposition montre la fidélité d'ensemble des décors, mais aussi les quelques entorses faites à la réalité par Edgar P. Jacobs.
 
 
Notez que l'entrée au festival de Puteaux est gratuite. Le festival se tient les samedi 24 et dimanche 25 mai, de 10 h à 18 h, au Palais de la Médiathèque, 122 rue de la République.
publié dans : Expositions et ventes commentaires (0)    ajouter un commentaire
Mercredi 30 avril 2008
On connait maintenant la totalité des ex-libris publiés à l'occasion de la sortie du tome 18 des aventures de Blake et Mortimer, Le Sanctuaire du Gondwana.
A ceux déjà présentés dans les deux articles intitulés Le Sanctuaire du Gondwana : les ex-libris (1) et Le Sanctuaire du Gondwana : les ex-libris (2), viennent donc s'ajouter les suivants :
 
La galerie Collin à Rennes offre un ex-libris en trois volets numéroté et signé à 100 exemplaires avec l'album hors série Dans les coulisses de Blake et Mortimer (prix : 20 € + 9 € de frais de port si commande).
 
 
La librairie Story BD à Nantes propose un ex-libris en sérigraphie 6 passages couleurs, numéroté et signé à 300 exemplaires, format : 25 x 15 cm, au prix de 5 € + frais de port éventuels.
 
 

Enfin, voici un visuel de qualité de l'ex-libris de la librairie Bédé en Bulles de Perpignan. Comme tous ceux proposés par cette librairie, cet ex-libris a pour thème la lecture, mais vous remarquerez la pierre posée sur la table qui fait le lien avec l'album Le Sanctuaire du Gondwana.
 
publié dans : Ex-libris, tirés à part et portfolios commentaires (0)    ajouter un commentaire

Rechercher sur le blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

B, J et M sur internet

Quelques autres liens BD

Aéroplanète  : Toute la BD d'aviation
Franquin : le forum
Inedispirou : Tout l'inédit de Spirou
Forum Culture : la BD ligne claire
Le blog des Amis de Freddy Lombard
Le blog d’Alix et des héros de Jacques Martin
L'homme dans la foule : Floc'h, illustrateur
Tout ce qu'André Juillard a dessiné
Le site et le blog de Patrick A. Dumas
Michelle, l’héroïne ligne claire
Klare Lijn : Actualités de la BD ligne claire
BD75011 : Le blog de Manuel F. Picaud
Toute l'actualité BD sur Auracan
L'association Les Mangebulles 65
Le blog de Sébastien R. Cosset
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus