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Alain S. Lerman, dont j'ai déjà annoncé le prochain livre Les Secrets de l'Espadon, nous propose un extrait inédit de son ouvrage, en l'occurrence du chapitre se rapportant à la présentation du Thibet et au pourquoi du choix de ce pays par Jacobs, ainsi que la couverture complète de son livre.
 
En guise donc d'explication, et en avant-première, une partie de l'Histoire, avec un grand H, du Thibet, avec un petit h, pour faire saliver ceux qui n'auraient pas encore pris la décision d'acquérir cet ouvrage (21 € + 4 € de frais de port pour la France, 5,5 € pour le reste de l'UE, uniquement sur réservation auprès de l'auteur : as_lerman@yahoo.fr) :
  
"D'un petit royaume, un cavalier a su faire un empire et l'annexion future du Thibet à la Chine ressemble à s'y méprendre à une revanche tardive de Mao Ze-dong sur Songtsen Gampo qui, au VIIème siècle, se tailla un immense empire en Asie et humilia même l'Empire chinois (encore faudrait-il que Mao ait connu et relu ses classiques d'Histoire chinoise et y ait trouvé justement le fondement et la justification de son acte).
Dans un tout autre registre qui nous préoccupe plus particulièrement, la prise de pouvoir usurpée de Basam-Damdu (prise de pouvoir dont nous ignorons tout et continuerons éternellement de tout ignorer…) ressemble elle aussi - même factice, celle-ci - à une redite de l’extraordinaire saga de Songtsen Gampo.
Le "Pays des neiges" (aujourd’hui envahi, humilié, amputé) n'oubliera jamais qu'il fut pendant des siècles un immense empire, fier de son royal fondateur dont l'existence fut une épopée grandiose à l'égal des Gengis Khan, Kubilaï Khan ou Alexandre le Grand.
En l'an 620, Songtsen Gampo (607-650) n’a que 13 ans quand il s'élance à cheval à la conquête de toute l'Asie centrale. C’est le 30ème prince mythique d’un clan thibétain qui règne sur la vallée de Yarlung, à 120 kilomètres de Lhassa.
Vingt ans plus tard, cet homme a réussi à lever l'une des plus redoutables cavaleries de tous les temps ; sept siècles avant les Mongols, il étend sa domination sur une grande partie du continent sub-asiatique, s'attaquant même à la Chine. Il soumet le Népal, dont il épouse une princesse, et s'aventure au Bengale.
Il porte alors ses attaques vers la Chine, faisant trembler le Céleste Empire, et exigeant déjà du premier et puissant empereur T’ang un énorme tribut pour se retirer. Pour garantir ses frontières et sa tranquillité à l’Est, il épouse - une nouvelle fois - une princesse chinoise.
Sitôt terminée sa campagne chinoise, ce magnifique guerrier à l'extraordinaire mobilité pour l'époque, retraversant le Thibet, investit le Baltistan (Nord Pakistan).
A la cour de Songtsen Gampo se rencontraient des savants chinois, des érudits persans, indiens et mongols.
Ses successeurs agrandiront considérablement son empire, poussant jusqu'au Turkestan chinois, au Nord, dépassant la Route de la soie et, plus à l'Ouest, allant affronter les Arabes.
Harun al Raschid, Calife de Baghdad, envisagera même de s'allier aux Chinois pour stopper les Thibétains.
A l'extrême opposé, ces mêmes Thibétains s'attaqueront à la Birmanie, grignotant, dans la foulée, une partie du Sichuan, du Gansu et du Yun-nan, provinces chinoises.
C'est ainsi qu'au début du VIIIème siècle, la Chine en est contrainte à payer un tribut annuel de cinquante mille rouleaux de soie pour s'épargner ces attaques.
Et lorsqu'en 763, l'empereur tarde à payer, mal lui en prend. Aussitôt, l'armée des descendants de Gampo attaque et saisit la capitale même chinoise, Chan'An (la Xian moderne). Ils déposent l'empereur T’ang et mettent à sa place le frère de la princesse chinoise, épouse du roi du Thibet.
De l’an 620 de notre Ere, date du début de la conquête, à l’an 860 (début du déclin de l’Empire du Thibet), les différents souverains qui succèderont à Gampo pousseront leurs armées vers le Sud, jusqu’au Brahmapoutre et au-delà du Gange, en occupant tout l’immense delta ; à l’Ouest, les frontières seront repoussées jusqu’à l’Indus et le Tarim Darya.
Il est remarquable de constater que, treize siècles après sa mort, sur tout l'immense territoire de l'ancien empire de Songtsen Gampo, allant des frontières du Pakistan à celles de la Birmanie, des confins du Bengale à ceux de la Sibérie, on parle toujours le thibétain et pratique encore la religion (lamaïsme) imposée par ce conquérant.
La rivalité multi-centenaire entre les deux (anciennement) grandes puissances voisines ne s'est jamais démentie tout au long de leur Histoire (le dépeçage du Thibet par Mao n'en étant, finalement, que l'aboutissement).
Et, bien qu'imaginaires, l'accession de Basam Damdu au pouvoir suprême du nouvel Empire dont il fait le Grand Thibet (dans ses frontières historiques d'avant l'invasion anglaise de 1904), le centre politique, ainsi que sa guerre de conquête planétaire, peuvent très bien être considérés comme les témoins de la restauration de l'oeuvre de Gampo et de la résurrection de la fierté nationale.
Fierté que l'on retrouvait d'ailleurs encore il n’y a pas si longtemps (s’entend, avant l’épuration ethnique et religieuse) chez les farouches guerriers Khambas "
 
Et, pour faire bon poids, voici, comme annoncé, la couverture développée de l'ouvrage avec une superbe vue aérienne du détroit d'Ormuz :
 

 
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Article rédigé par Laurent le 14 mai 2008 à 07:45
Tag(s) : #Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs