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Pour les besoins du Grand Dictionnaire de Blake et Mortimer qu’il est en train de finaliser et dont nous aurons certainement l'occasion de reparler, Alain Lerman s’est penché sur tous les éléments visuels contenus dans les milliers de vignettes constituant les 14 aventures de nos deux personnages et notamment sur certains mystères jamais encore élucidés et sur lesquels pas mal de "détectives amateurs fans de B&M" se sont vainement échinés à trouver LA solution.
C’est ainsi que, après plusieurs mois de recherches, il a fini par donner un nom à une énigme vieille de plus de 50 ans : le déversoir du Château de Troussalet, par lequel Mortimer parvient à sortir du parc du château (page 10) et Olrik, tente d’échapper aux militaires de Satory qui ont investi le parc du château (cf. dernière planche, cases 5 et 6).
Il s’agit en fait du déversoir situé en partie arrière de l’ancien moulin à farine de Vauptain (ou Vauptin), situé Chemin de Vauptain, à environ 1 km du centre de Buc.
Ce moulin figure dans les registres à partir de 1675 et passera entre diverses mains, bientôt inexploité et laissé à l’abandon, jusqu’à ce que Louis Colonna, prince de Stigliano, le rachète en 1955, le restaure, le réhabilite et en fasse un haras renommé qu’il est toujours aujourd’hui.

 

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En 1958, lorsqu’il fait de minutieux et complets repérages dans la région, en compagnie de Pierre Louis (rédacteur en chef du journal Tintin France), Jacobs découvrira par hasard cet ancien moulin en ruines, dont les murs, la situation, l’architecture et l’agencement lui inspireront immédiatement un cadre rêvé pour les péripéties de Mortimer. A l’époque, bien que déjà la propriété de Louis Colonna, la restauration des bâtiments n’avait pas encore commencé.

A insi les eaux de la Bièvre, arrivant en droite ligne des étangs de Saclay, pénètrent sur les terres du moulin. A quelques centaines de mètres du corps de bâtiment proprement dit, le lit de la Bièvre avait été élargi et un bassin de retenue aménagé, fermé par une antique écluse (cf. page 22, cases 7 et 8) forçant les eaux de la rivière vers un canal souterrain maçonné qui, passant sous le moulin pour y actionner la roue à aube des meules, ressortaient sur l’arrière du bâtiment via une voûte en briques et en pierres (cf. page 20, cases 8 et 9).

 

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Malheureusement, de cette déjà lointaine époque, il ne reste qu’une vieille carte postale que l’on peut dater de la période 1910-1914 et qui montre parfaitement l‘arrière du moulin (déjà bien ruiné) avec la voûte du déversoir et le canal de pierre qui conduisait les eaux de la Bièvre en direction de l’aqueduc (les Arcades de Buc) et le centre-ville.
Pour nous faire une idée précise de la configuration des lieux, nous avons encore à notre disposition une ancienne carte cadastrale du moulin de Vauptain datant d’avant la Révolution française. 

 

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A propos de cet album, ne manquons pas de signaler l'excellent site consacré par Emmanuel Mailly aux vrais sites de SOS Météores.

 

Descente dans les sous-sols de Paris

 

Viviane Quittelier nous signale quant à elle sur son blog un article du magazine National Geographic France de ce mois de février intitulé "Paris souterrain : fêtes, cérémonies et lieux secrets" qui évoque irrésistiblement L'Affaire du collier et indique divers lieux et faits dont Edgar P. Jacobs a pu s'inspirer.

Sur ce sujet signalons l'excellent site "Blake et Mortimer dans les catacombes" qui propose une étude quasi exhaustive du 10ème album des aventures de Blake et Mortimer.

 

http://www.nationalgeographic.fr/files/2011/02/DSCN0197.JPG

 

Article rédigé par Laurent le 27 février 2011 à 00:00
Tag(s) : #Blake et Mortimer par Edgar P. Jacobs